GRAVIR LES ÉCHELONS

Traduit par Frédérique Rajotte.

London Mann âgée de 9 ans a rencontré la joueuse étoile canadienne de hockey Mélodie Daoust pour la première fois lors d’une levée de fonds organisée par l’Alberta Junior Hockey League, en novembre 2017 à Lloydminster, une ville située sur la frontière de l’Alberta et de la Saskatchewan.

Ayant grandi dans une communauté unie par le hockey, London et ses parents avaient hâte de rencontrer les joueuses qui allaient représenter le Canada aux Jeux olympiques de Pyeongchang 2018. Ils ont immédiatement été charmés par Daoust.

« Nous avons été séduits par sa personnalité. Elle émet de la bonté, » raconte Lindsay, la mère à London.

La famille Mann a rencontré Daoust de nouveau après la victoire du Canada contre les États-Unis (par la marque de 2-1 en prolongation) lors d’un match préparatoire en décembre 2017. Encore une fois, la famille était émerveillée par sa prestance et son humanité.

« Même en tant qu’adulte, elle me fait penser que tout est possible si tu y crois vraiment et si tu y mets de l’effort. En tant que mère, qui ne voudrait pas de [Mélodie] comme inspiration pour son enfant? »

Sept mois plus tard, la famille Mann a décidé de se réunir avec Daoust au Québec. Voyageant plus de 3300 kilomètres de Lloydminster, London a participé à l’école de hockey inaugurale de Mélodie Daoust à Salaberry-de-Valleyfield, une ville située au sud-ouest de Montréal.

« La raison pour laquelle London voulait participer au camp n’était pas nécessairement parce que Mélodie est une Olympienne ou parce qu’elle est une joueuse remarquable, » explique Lindsay. « Elle voulait être à ses côtés, apprendre et être inspirée par elle. »

Du 16 au 21 juillet, le camp de hockey pour filles s’est déroulé aux Centres Sportifs de Salaberry-de-Valleyfield. Plusieurs invitées vedettes étaient présentes à ce camp, dont les Olympiennes Marie-Philip Poulin, Caroline Ouellette, et Lauriane Rougeau, parmi tant d’autres.

Lindsay a constaté une amélioration significative du coup de patin de sa fille. Elle a expliqué qu’elle et son mari avaient essayé d’aider London à améliorer ses virages pendant deux ans. Durant les trois jours de camp, London a fait de grands pas.

« Mélodie l’a pris en charge pendant les 45 premières minutes du camp et l’a encouragée à améliorer ses virages. [En gros], je pense qu’elle a appris à travailler sur ses habiletés physiques pour qu’elle puisse devenir une joueuse avec de bonnes habiletés sur la glace, » dit Lindsay.

Bien que London était enthousiaste à apprendre de son idole – « Elle m’a toujours dit de montrer le meilleur de moi même » dit-elle – sa mère a admis que sa fille était nerveuse sachant qu’elle allait revoir Daoust. Mais cette gêne était de courte durée alors que Daoust a crée le jeu parfait pour aider London à marquer un but.

« Nous avons constaté que c’était le moment le plus marquant de la semaine, » dit Lindsay en riant. « Elle faisait partie de la même ligne que Mélodie et elle a marqué. Duo 2026! »

S’intégrer avec les autres joueuses et leur parler en français était intimidant pour London, partage sa mère. Après la première heure du camp, elle s’est fait des amies. Elle a non seulement créée des amitiés, mais elle a aussi appris à communiquer avec des gens plus âgés et venant de milieux différents.

« Elle partageait la glace avec des joueuses qui étaient plus âgées qu’elle, des joueuses qui ne parlaient pas sa langue maternelle. Je pense que c’était très valorisant,» dit Lindsay.

Inspirer de jeunes filles à poursuivre leur passion pour le hockey est la mission que Daoust avait en tête pour son tout premier camp de hockey. Elle est enthousiaste pour le camp de l’année prochaine et annoncera les dates en janvier.

« Nous ne serions pas où nous sommes aujourd’hui sans avoir eu la passion, » dit-elle. « La passion pour ce sport est activée lorsque tu crées des liens avec des gens qui partagent cette même passion pour le hockey. En tant qu’Olympiennes, nous avons comme rôle de léguer le flambeau aux prochaines générations en ayant comme objectif qu’elles poursuivent ce que nous avons commencé. ».

Daoust était déterminée de débuter son propre camp pour pouvoir redonner à sa ville natale de Valleyfield.

« Je pense que c’est très important de redonner à la communauté du hockey féminin, particulièrement à Valleyfield, où cette croissance est au ralenti, » dit Daoust. « J’espère que ce camp a eu comme résultat d’inspirer de plus en plus de filles d’ici à jouer au hockey. »

L’année 2018 était une année remarquable pour la jeune femme de 26 ans. L’Olympienne décorée de deux médailles a mené l’équipe canadienne en marquant 7 points (3 buts et 4 mentions d’aide) à Pyeongchang et a récemment été nommée entraîneuse adjointe auprès de l’équipe de hockey féminin universitaire des Carabins de Montréal pour la saison 2018-2019. Daoust, qui a été un choix de première ronde des Canadiennes en 2017, se prépare pour sa première saison avec Montréal, tout en prenant soin de son nouveau-né. Elle était prête à relever le défi d’ajouter un camp de hockey à sa liste de responsabilités.

« Malgré les nombreuses préparations consacrées à ce camp, je sais qu’il réunit toutes mes passions et ceci en vaut la peine. J’ai tout un défi cette année, pour allier mon travail et ma vie familiale. Je serai très occupée! Je devrai trouver un bon équilibre pour que je puisse donner mon 100%. »

London, qui joue dans la ligue Atom de hockey pour les Lloydminster Blazers, fait partie d’un grand nombre de jeunes filles qui participent à des camps de hockey dédiés aux jeunes filles, une option toute récente.

Daoust n’a pas eu cette chance lorsqu’elle avait l’âge de London. Elle devait participer à des camps de hockey pour garçons. La marqueuse de but prolifique qui a su surmonter des obstacles et qui est devenue une des meilleures joueuses veut en retour réunir de jeunes filles qui ont la même passion pour le sport.

« Une fille provenant de Valleyfield jouant au hockey avec des garçons a participé à mon camp, » explique Daoust. « C’est important pour elle de réaliser qu’elle n’est pas la seule fille dans ce milieu. Je pense que cette expérience va permettre à plusieurs joueuses de connaitre cette opportunité. C’est la beauté d’avoir des camps de hockey dans de plus petites villes. »

Lindsay souligne les sentiments de Daoust.

« Jusqu’à présent, les seuls modèles de joueurs de hockey qu’avait London étaient des joueurs de la LNH, » dit-elle. « Se voir éventuellement en tant qu’athlète élite ne se produit pas lorsque tu observes seulement des joueurs de hockey.  Pour la toute première fois, elle perçoit le hockey d’une différente manière. Elle met plus d’efforts dans ses entrainements; elle veut courir, patiner et pratiquer. Elle exerce ses lancées à l’extérieur chaque soir et ce n’est pas pour se vanter. Elle est déterminée à démontrer le meilleur d’elle-même et c’est grâce à Mélodie. »